Avec les changements fréquents de météo de l’entre-saison,  le chauffage  à bois  d’appoint est souvent mis à contribution. Une petite flambée ponctuelle, en plus de réchauffer l’âme, permet de pallier l’humidité provoquée par la diminution, voire  l’arrêt complet, du chauffage central. Mais comment profiter de ce plaisir simple sans polluer…?

Le chauffage au bois, en  raison de ses émission de particules fines et de ses émanations de HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques, produits par une combustion incomplète des matières organiques), est souvent à l’origine d’une pollution de l’air, intérieure comme extérieure. La pollution atmosphérique est encore amplifiée lors des jours sans vent, froids et couverts  empêchant les fumées de s’élever et occasionnant de grandes concentrations de polluants au sol. Les feux de confort peuvent donc, à ce titre, être ponctuellement interdits en cas de smog important… 

Alors, après l’interdiction de brûler les déchets de jardin, allons-nous vers une prochaine interdiction totale des feux de cheminée ? 

Bien utiliser son chauffage à bois

Il est ici particulièrement important de rappeler les principaux paramètres d’une bonne combustion, indispensables à limiter les fumées visibles problématiques. En effet, la fumée est le signe que le bois brûle mal et que le foyer dégage en quantité les substances toxiques et cancérigènes évoquées plus haut.

En plus de dépendre de la qualité du bio-combustible et de son mode de combustion, le type et la quantité d’émissions dépendent également du type d’appareil et de son fonctionnement. Petit tour d’horizon de la question qui devrait nous aider à profiter sainement et écologiquement de ce plaisir simple…

1. Qualité du combustible :

Faites attention de ne brûler

– que du bois (et rien d’autre) : pas de carton ou de papier qui produisent beucoup de fumée

ni peint, ni traité : pas de déchets de chantier ou de vieux meubles pour éviter les émanations de contaminants très nocifs comme les dioxine ou les furannes

– dur : privilégiez le fayard (hêtre), chêne, érable, bouleau. Evitez les bois mous comme le sapin, le pin,  afin de réduire les contaminants  dans l’air et de limiter la production de créosote qui encrasse les parois.

– correctement séché : au minimum 2 ans. Il libérera moins de substances problématiques en brûlant, son pouvoir calorifique sera meilleur et votre installation s’encrassera moins vite. 

2.  Démarrer le feu par le haut :

Cela peut paraître incongru mais  disposer son bois « à l’envers », grosses bûches en bas et petit bois sur le dessus, permet à votre feu  de prendre en limitant fortement la production de fumée. Les gaz résiduels (condensats) émis par les grosses bûches sont en effet brûlés dans les flammes, libérant leur énergie au passage.

Cette méthode protège directement la santé des personnes occupant les locaux, les plus menacées par les émissions toxiques, tout en réduisant la pollution atmosphérique. Elle permet aussi de réduire l’encrassement des conduits de cheminée et de prolonger la durée du feu pour économiser les bûches utilisées.

On prépare le feu en disposant d’abord les grosse bûches dans le foyer, sans trop charger ce dernier, en ménageant un espace entre elles pour laisser passer l’air. Empiler ensuite à plat et selon le même principe des bûches de diamètre plus petit. Terminer en disposant par-dessus le petit bois d’allumage: 3 à 4 bûchettes de sapin sec, couvrant un “allume-feu” – à savoir de la paille de bois mélangé de cire ou un mini-fagot trempé dans la cire. Le papier-journal et le carton sont à bannir, car ils émettent beaucoup de fumée. Si on a bien appliqué tous ces principes, le feu devrait émettre peu de fumée à l’allumage, et plus du tout après quelques minutes .

Téléchargez ici le PDF (592 Ko) édité par Energie-bois Suisse décrivant dans le détail cette technique ou visionnez leur vidéo

3.  Votre installation : entretien et modernisation

Ramonage régulier :

Le ramonage régulier du conduit de cheminée (de préférence tubé inox), en optimisant le tirage de l’installation,  permet de réduire le dégagement de substances polluantes. Il permet également de limiter les risques d’incendie (feu à l’intérieur du conduit) et d’intoxication aux gaz de combustion. Si la cheminée a tendance à s’encrasser rapidement après le passage du ramoneur, il faut en conclure que la combustion du bois se fait mal. Utilisez-vous le bon bois ? Est-il bien sec ? Assurez-vous un tirage adéquat  (des arrivées d’air trop fermées réduisent la qualité de la combustion et produisent des fumées dites « froides » lourdement chargées en suies).

Filtre à particules :

Pour réduire les émissions de particules fines de sa cheminée ou de son chauffage à bois, on peut équiper la sortie du conduit de fumée d’un filtre électrostatique (60 à 95% de réduction de PM10). Il faut que le conduit soit en inox, car un tel filtre fonctionne avec de l’électricité (environ 30 watts) et crée un champ électrique qui attire et fixe les particules fines. Il se nettoie annuellement, lors du passage du ramoneur. Suivant la puissance du chauffage à bois et le lieu d’habitation, ce filtre peut être obligatoire pour les installations neuves (cf. règlement cantonal).

Insert :

On dit qu’une cheminée est “à foyer ouvert” lorsque le feu brûle librement devant les yeux, sans autre obstacle qu’un éventuel pare-feu, comme c’est le cas de beaucoup de cheminées traditionnelles. Une cheminée de ce type est certes très décorative, mais elle ne permet pas d’atteindre une haute température, ni de bien régler les entrées d’air : elle est particulièrement polluante et peu efficace pour chauffer une pièce, car l’énergie du bois n’est utilisée qu’en très faible partie (5% au mieux). De plus, une grande quantité d’air du logement est aspirée par le foyer avant d’être évacuée vers le ciel : entre 300 et 500 m3 par heure. Durant la période de chauffage, un feu de cheminée à foyer ouvert peut donc augmenter la consommation d’énergie, en aspirant l’air chauffé et en l’expulsant hors du logement. Cet air chaud est remplacé par de l’air froid qui s’insinue par les interstices des fenêtres et des portes: assis devant l’âtre, on a la sensation d’avoir le visage qui cuit et le dos qui gèle.

On peut moderniser une cheminée, en lui ajoutant des portes en vitrocéramique. Si elles sont montées hermétiquement et permettent de régler l’entrée d’air dans le foyer, elles réduisent l’échappement d’air par la cheminée à environ 50 m3 par heure et favorisent une meilleure combustion du bois.

On peut faire beaucoup mieux, en équipant le foyer d’un “insert chauffant”, une sorte de foyer intérieur en fonte ou en acier, qui permet à la fois de régler la quantité d’air entrant et de récupérer une partie de la chaleur. L’air ambiant est aspiré, chauffé au contact de l’insert, puis redistribué dans la pièce. Il existe de nombreux modèles dont certains avec ventilateur électrique qui peuvent atteindre un rendement de 50 à 60%.

Poêle à granulés : Le champion de l’efficacité est le poêle à granulés grâce auquel la combustion optimale complète  d’un combustible de qualité idéale émet le moins de fumées.