Dis-moi ton âge, je te dirai qui tu es… !
Selon l’âge de votre logement et ses différentes rénovations, votre ventilation change de typologie : quelle est-elle et comment l’optimiser ?
En savoir plus sur les types de constructions à Genève au fil du temps
Illustration extraite du Guide eREN Energie et rénovation
édité par HEIA-FR, HEPIA Genève, HEIG-VD, HES-SO Valais-Wallis, Service de l’énergie Fribourg, Office cantonal de l’énergie Genève, Direction de l’énergie VD
Petit histoire de la ventilation :
Avant les années 40
Il n’existe pas de réglementation concernant la ventilation, aussi ces logements peuvent-ils ne comporter aucun dispositif spécifique d’aération. Celle-ci se fait souvent par les défauts d’étanchéité du bâtiment, l’ouverture des fenêtres et les conduits de cheminée. Il n’y a donc a priori pas de système de ventilation à proprement parler permettant de renouveler l’air intérieur. Pour compenser et apporter suffisamment d’air neuf, il faut ouvrir les fenêtres plus souvent, ce qui peut accentuer les pertes de chaleur du logement et aller à l’encontre des économies d’énergie.
Entre 1940 et 1970
la législation oblige le maître d’ouvrage à prévoir des conditions minimales de ventilation : ouvertures en bas et en haut de chaque pièce humide (cuisine et salle de bains) afin d’éviter la condensation et l’humidité. Entrée d’air extérieur en façade, etc. Dès les années 60, des exigences d’aération selon les pièces apparaissent : ventilation haute et basse ou conduits d’entrée et d’évacuation d’air dans les pièces humides sans fenêtres, ventilation haute et basse en façade dans la cuisine etc.
Dès 1970
Le principe de la ventilation générale et permanente entre en vigueur. Pour renouveler l’air, le logement doit alors être équipé d’une ventilation naturelle par conduits à tirage naturel ou d’une ventilation mécanique. Quel que soit le système mis en place pour ventiler, l’air doit pouvoir circuler des pièces principales “sèches” (séjour, chambre), qui comportent des entrées d’air, vers les pièces de service “humides” (buanderie, cuisine, salles de bains, WC), où l’air vicié est évacué.
Années 80-90
Avec la crise pétrolières de 73 et 79 d’une part et la montée des préoccupations environnementales d’autre part, l’optimisation de l’enveloppe du bâtiment l’utilisation d’une ventilation contrôlée sont au devant de la scène (apparition des labels qualité, tels Minergie). Les systèmes de ventilation évoluent pour devenir plus économes en énergie.
Des solutions comme la VMC double flux, qui récupère la chaleur de l’air extrait pour réchauffer l’air entrant, sont adoptées pour allier confort et performance énergétique. L’on voit apparaître des normes de ventilation et d’exigences en termes de débit d’air extrait, qui revêtent d’autant plus d’importance que la course à l’économie d’énergie s’intensifie, entraînant force démarches d’isolation et d’étanchéification à l’air des bâtiments (isolation de l’enveloppe, pose de doubles vitrages…). La guerre aux “sifflets” et autres entrées d’air incontrôlées étant déclarée, il convient de déterminer des normes propres à assurer une ventilation adéquate. Le principe de ventilation générale est ainsi complété par un règlement qui introduit des exigences quant aux débits d’air extrait (normes SIA 180, 382/1 et 382/5, SIA 380/4).
Depuis 2010 : vers des systèmes intelligents et durables
S’appuyant sur le plan directeur cantonal 2030 adopté en 2013, le Plan Climat Cantonal 2030 adopté en 2015, révisé en 2021 suite à l’urgence climatique déclarée le 4 décembre 2019 par le Conseil d’Etat, vise une réduction de 60% des émissions directes de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030.
Responsable pour 40% des émissions de GES, le secteur du bâtiment se doit d’évoluer par le biais d’une substitution des énergies fossiles par des énergies renouvelables d’une réduction de la consommation d’énergie
d’un abaissement du seuil de l’IDC du parc bâti
Sur ce dernier point, les système de ventilation standards à Genève (ventilation naturelle et VMC simple-flux) constituent une source certaine de déperdition de chaleur (jusqu’à 20% des déperdition thermiques d’un bâtiment passent par sa ventilation). En effet, ces systèmes non seulement rejettent l’air chaud à l’extérieur, mais ont également souvent été surdimensionnés (reposant sur le principe “qui peut le plus pleut le moins”). Ils sont par conséquent très énergivores. De plus, pilotés par des automates aux horaires prédéfinis, ils sont souvent inadaptés à la réalité des besoins : ils fonctionnent même en l’absence des occupants, ou pour des questions d’économies d’énergie, ils sont parfois interrompus la nuit, alors même que tous les habitants des logements sont présents et que les besoins de renouvellement d’air sont les plus importants.
En accord avec le nouveau règlement d’application de la Loi sur l’Energie (REn) adopté en 2022, les bâtiments dont la le fonctionnement de la ventilation dépasse les 500 heurs/an ou les 1000m3/h se doivent d’être munis d’un système de récupération de chaleur, ou d’une ventilations simple-flux hygroréglable, dans un but de sobriété énergétique et d’abaissement de l’IDC (art. 12G REn). A l’orée 2030, tous les bâtiments dont l’IDC dépasse 153 kWh/m2xan seront concernés par cet assainissement énergétique obligatoire.
Les avancées technologiques permettent l’intégration de systèmes de ventilation intelligents, capables d’ajuster automatiquement et en temps réel les débits d’air en fonction de l’occupation des pièces et des activités de leurs occupants, voire de la qualité de l’air intérieur. Moyennant des ajustements relativement simples, la ventilations simple-flux standard peut être maintenue à condition de le faire évoluer vers une ventilation simple-flux modulée, hygroréglable, permettant des économies d’énergie substantielles en même temps qu’elle améliore le confort des logements. Apport d’air frais est alors assuré au travers des grilles de ventilation hygroréglables posées sur les fenêtres ou sur les caissons de stores, l’extraction d’air vicié l’est par l’intermédiaire de soupapes hygroréglables réagissant à la présence et l’activité des occupants, le renouvellement d’air est assuré par un nouveau ventilateur d’extraction commandé par les besoins réels.
Promues par le programme Eco21 des SIG lancé en 2007, cette solution bénéficie de l’appui de l’OCEN par l’intermédiaire de l’octroi de subventions.



